Chaque été a rendez-vous avec son Tour de France. Plus qu'une épreuve sportive, la grande boucle est
devenue une institution rassemblant régulièrement 10 à 15 millions de spectateurs sur les bords des routes. Un succès sans faille, peu importe la domination ou non d'un coureur, le
dopage, la pluie, la canicule, les étapes de transition, les arrivées au sprint, les incontournables cols... le Tour de France attire toutes les générations. Même les affaires de dopage qui
rythment le cyclisme international depuis 1998 n'éloignent pas les curieux qui peuvent attendre jusqu'à plus de sept heures sur le bord des routes le passage de la fameuse caravane. Il y a les
supporters de champions ou d'équipes qui parfois garent leur camping car plus de 48 heures avant le passage du peloton à l'endroit stratégique de l'étape. La route est ainsi coloriée et ses côtés
se transforment en d'interminables serpents de véhicules. Les radios ou télévisions portables sont allumées. On y "saucissonne" une oreille sur la radio et un oeil sur un écran tv pour ne rien
perdre du direct. Danois, Espagnols, Texans, Belges, Italiens, Suisses, Allemands et Français cohabitent ainsi. Quant au téléspectateur, il s'installe dans un café, dans un fauteuil, sur un coin
de bureau ou dans un magasin d'électroménagers, en famille, seul, entre collègues ou en couple, pour assister à cet incontournable monument cathodique. Les villages de France, les plus belles
vallées, les plus grands monuments, les montagnes, les champs de blé, les rivières, les villes, les vaches... défilent ainsi pendant trois semaines comme une carte postale que rien ne pourrait
perturber. Oubliés la conjoncture économique, le chômage, le climat, l'Iran... Oubliés aussi les soupçons de dopage sur les derniers vainqueurs de cette course et cette imbrication de l'actualité
sportive dans les chroniques judiciaires.
Tout est mis entre parenthèses pour une épreuve fondée sur le deux roues avec qui les Français cultivent une étrange relation. Il y a en effet d'un côté les cuissards multicolores dominicaux et
ces défis sportifs. Et d'un autre la balade paisible en rentrant de la boulangerie. Le cyclisme et le vélo. Deux mondes se croisent donc une fois par an pendant le Tour de France.
Chaque année pendant la période du nouvel an, la saison de la coupe du monde
de saut à ski s'éclipse derrière lamythique tournée des 4 tremplins. Mythique, car si on participe aux épreuves de le coupe du monde, il faudrait parler d'une véritable communion entre les
athlètes et la compétition de saut à ski la plus prestigieuse, probablement encore plus prisée que les Jeux Olympiques.
Tout est parti de la création en 1953 d'une compétition entre deux nations. Puis d'autres pays ont
rejoint les Allemands et Autrichiens dans ce tournoi qui comprend 4 lieux de compétition entre l’Allemagne et l’Autriche, traditionnellement disputé entre fin décembre et
début janvier. Les lieux de ces tremplins de saut à ski sont devenus mythiques et les athlètes y accèdent avec respect comme des chevaliers des temps modernes - le cheval étant remplacé par un
ascenceur rustique qui les conduit sur la plate forme de départ. Quatre noms raisonnent ainsi depuis l'après guerre
de chaque côté de la frontière austro allemande : le Schattenberg d'Oberstdorf, le tremplin olympique de Garmisch-Partenkirchen refait pour l'édition 2008, le
tremplin de Bergisel à Innsbruck et le tremplin Paul-Ausserleitner de Bischofshofen. La télévision a ensuite sacralisé cette compétition et les "hommes-oiseaux" sont devenus
de véritables stars qui attirent plus de 15 millions de télespectateurs et jusqu'à 50 000 personnes au pied des tremplins. Pendant 9 jours, chaque année, les skieurs s'élancent
ainsi du haut de ces tremplins pour atteindre une vitesse dépassant les 90 km/h au bout de la rampe. Une fois arrivés à la fin du tremplin, les skieurs donnent une impulsion afin
d'aller le plus loin possible avec une technique qui consiste à mettre les skis en V. Quatre tremplins et 9 jours pour espérer entrer dans l'histoire et connaître la
gloire.
Cette année, seul le Suisse Simon Ammann semble capable de résister à la flotille
autrichienne emmenée par Wolfgang Loitz.
En 2008 le Finlandais Janne Ahonen avait remporté pour la 5° fois de sa carrière
(1999, 2003, 2005, 2007 et 2008) la tournée des quatre tremplins, devenant le premier sauteur de l'histoire à cinq
victoires. Le dernière étape de la tournée, à Bischofshofen, avait été le théâtre d'un superbe duel entre le Finlandais et le jeune autrichien Thomas Morgenstern, finalement 2°, dont la
sportivité s'était poursuivie dans l'aire d'arrivée.
En 2007, pour la première fois dans l'histoire de la tournée des quatre
tremplins, deux sauteurs avaient été déclarés vainqueurs ex-aequo de cette prestigieuse épreuve. Le Finlandais Janne Ahonen et le Tchèque Jakub Janda avaient en effet remporté conjointement la
54e édition de la tournée.
(photo REUTERS - Ahonen en 2006 sur le tremplin d'Innsbruck en Autriche)
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Publié dans : ski
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