Lundi 10 mars 2008
On va longtemps reparler de la chute de Matthias Lanzinger lors du Super G de Kvitfjell en Norvège (vidéo à regarder), le 2 mars. Tout d'abord parce que le jeune autrichien est passé tout près de la mort. Mais aussi parce que des suites judiciaires  seront attendues par la famille et la fédération du sportif.

La Fédération internationale de ski préfère pondre des règlements pour limiter à 50 mm la hauteur des chaussures au dessus de la neige au lieu de veiller à ce que des secours dignes de ce nom soient mis à disposition sur les épreuves de vitesse avec notamment des hélicoptères médicalisés. La manière dont Lanzinger a été évacué dans un traineau avant d'être transporté à Lillehammer dans un hélicoptère de tourisme puis rapatrié sur Oslo en raison de la gravité de ses blessures en dit long sur l'amateurisme de l'organisateur. Un enchînement de dysfonctionnements est aujourd'hui montré du doigt par la presse autrichienne (lenteur des secours, pas d'hélcoptère médicalisé, hôpital local de Lillehammer non équipé...). Chaque seconde compte lors de complications vasculaires et l'amputaion a été inévitable après 2 interventions.

Maintenant, certains ont cherché un brin de popularité en répondant à la presse. Les réactions d'Yves Dimier (directeur technique de l'alpin français) et de Stéphane Sorrel (entraîneur de l'équipe de France de vitesseSuper G) sont ainsi devenues inappropriées et ils auraient mieux fait de se taire au lieu de sortir des banalités si fades du style "notre sport est un sport à risques"


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Mardi 26 février 2008
Un jour  le Président Sarkozy demande à ce que la mémoire de la Shoah soit évoquée en France aux écoliers des classes de CM2. Un autre jour, il décide de transformer les chaînes de tv publiques en une BBC à la Française supprimant les recettes publicitaires sans année de transition, tout en réinjectant la publicité commerciale sur les radios du groupe radio france. Un autre jour, il souhaite que la gastronomie française soit inscrite au patrimoine de l'humanité. Un autre jour, il déclare que l'Etat doit se porter garant du société privée lorraine à laquelle il a rendu visite comme au temps où il était en campagne.
C'est ainsi formidable de se lever le matin en pensant à un truc.
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Samedi 23 février 2008
Lors de la foire agricole de Paris 2007, le quotidien Le Monde posait la question de la place de l'agriculture française et de son ministère. On sait depuis que le syndicat majoritaire français (FNSEA) a obtenu que ce thème n'échoue pas dans un secrétaire d'Etat et reste attaché à un ministère entier.

Aujourd'hui, tous les indicateurs économiques du secteur agricol sont au vert gâce à la hausse du prix des matières premières et la crise de fond de ce ministère est éclipsée par les sourires de toute la famille agriculture qui pavoise. Pourtant, les changements de nom de ce ministère pourraient à eux seuls illustrer la crise de ce secteur ; agriculture, pêche et alimentation - agriculture et affaires rurales - agriculture et pêhe. En suivant l'évolution du ministère de l'agriculture et de la pêche, on se rend compte que ses actions et ses 35 000 fonctionnaires devraient être logiquement répartis entre plusieurs ministères (finances, éducation, santé, écologie, culture et aménagement du territoire). Au lieu de profiter de la pluridisciplinarité de ses corps (enseignants, économistes, vétérinaires, ingénieurs...), le ministère français de l'agriculture s'est installé dans un mutisme perturbé par quelques crises sanitaires. Une fois ces dernières passées, les interprofessions défilent de nouveau rue de Varenne pour imposer une vision économique aux dossiers.

Autre anecdote, la dernière loi relative au monde agricole qui devait s'appeler "loi de modernisation agricole" a été changée en "loi d'orientation agricole". Comme si la modernisation de ce secteur était un gros mot. Comme si les clichés antiques pouvaient survivre dans ce secteur. Comme si l'industrialisation était le seul vocable autorisé pour les méchants OGM. C'est ainsi qu'on se retrouve avec une femière qui fait des yaourts à la louche pour promouvoir les produits laitiers d'un des leaders mondiaux de l'agroalimentaire.

Je suis persuadé qu'il y aurait matière à faire évoluer notre agriculture avec des axes de travail très simples ;
- Transférer les enseignants du secteur agricole à l'éducation nationale.
- Réformer les services de ce vieux ministère de l'agriculture en, par exemple, supprimant ses deux directions départementales au profit d'un échelon unique régional.
- Articuler filière agricole, recherche publique scientifique et instituts publics
.
- Favoriser un véritable programme culturel rural.


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Samedi 23 février 2008
L'ouverture de l'édition 2008 du salon international de l'agriculture me rappelle une superbe phrase du secrétaire général du syndicat agricole français, la FNSEA. Non que je doutais de la véracité des dires de M. Dominique Barrau, mais je n'avais simplement pas eu le temps de la reformurler. A quoi bon ? Quand on s'exclame "on est en démocratie, on n'est pas dans une tribu africaine où chacun fait sa loi", on doit assumer ce ton légèrement colonial et méprisant qui frise le bon vieux racisme du "Y'a bon Banania !". En réalité, cela ne me choque pas venant de cette maison traditionnelle qui prône le productivisme favorisant les grands céréaliers de l'hexagone.  En effet et c'est bien connu, un con cela ose tout. C'est même à cela qu'on le reconnait.
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Samedi 23 février 2008
Ce sera peut-être l'une des plus grosses bêtises de ces dernières années dans le secteur agricole. Les experts, économistes, politiques n'ont rien vu venir. Avons-nous, en dehors de la semaine du fameux salon de l'agriculture français, une politique agricole en France ? Et si l'agriculture à la française faisait fauuse route ?

Longtemps, les éleveurs laitiers jetaient une partie de leur production pour respecter les quotas laitiers. Nous étions en période de sur production. Aujourd'hui, l'offre est moins importante que la demande. Démographiquement et économiquement, cela s'explique. Mais le soudain basculement du trop plein au trop vide est intrigant. Souvenez-vous de vos derniers voyages en TGV ; les vaches dites laitières ont souvent laissé leur place dans les paturages aux races charolaises ou limousines. Les argentiers de la viande française ont pris le pouvoir de l'élevage bovin. Même dans le premier département français producteur de lait (l'Orne), les vaches charolaises sont autant visibles que les Prim'holstein. Surfant sur des crises sanitaires, tous les professionnels de la viande (de l'éleveur au grossiste) sont repartis de plus belle. Aujourd'hui, la crise de la vache folle est bien loin. Tous les compteurs de la viande sont au beau fixe. Cette bonne santé économique a fait quelques victimes. Le cnosommateur d'abord, qui achète les yeux fermés des produits au kilo toujours plus chers pour payer une "sécurité sanitaire". Cet argument devenant obsolète, on nous dit aujourd'hui que les prix suivent le coût des matières premières (alimentation pour bétail...). Les autres victimes sont les éleveurs laitiers. Ils ont transformé leur cheptel, n'hésitant pas à croiser leurs bovins avec des races à viandes pour produire des races mixtes. L'équilibre budgétaire d'un éleveur laitier était souvent conditionné par la vente de vaches de réformes (des vaches laitières vendues à un abattoir pour l'alimentaion). Mais en huit mois tout a basculé. Le cours du prix du lait triplé. Les quotas laitiers ont été corrigés, ajustés... Il faudrait aujourd'hui 100 000 vaches laitières supplémentaires pour que la France atteigne ces nouveaux quotas. S'installer en 2008 comme éleveur laitier est même une source de garantie de revenus dans le secteur de l'élevage. Rien ne vas plus ? Les négociants ou commerçants en bestiaux sont incapables de répondre à la demande des éleveurs et de leur fournir des génisses laitières. 
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