Londres organisera les Jeux olympiques en 2012. Le 6 juillet 2005 à 19h43, Londres obtenait 54 voix, Paris 50. Deux ans de travail partis en fumée.
Cette victoire anglaise est un cuisant revers pour le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et pour l'actuelle majorité politique emmenée par le Président de la république. Ce dernier avait décidé de faire le déplacement à Singapour pour accompagner son ministre des sports et les 250 membres de la délégation française. Un OUI au dossier français aurait si facilement effacé le dernier NON à l'Europe ou même fait oublier le résultat des derniers scrutins législatifs. Toute la France d'en haut avait initié la mobilisation nationale derrière Paris 2012. Les jeux étaient faits pour les entreprises partenaires et le mot d'ordre à peine caché : Paris organisera les JO qui vont réconcilier le politique avec le citoyen grâce aux chèques en blanc signés par des entreprises. Même les représentants des syndicats des transports parisiens, qui avaient été montrés du doigt lors de la visite de la commission du CIO à Paris, avaient été invités à Singapour. Plus de deux millions d'euros déboursés pour sensibiliser les parisiens aux JO lors d'une journée populaire sur les Champs Elysées. Cet orgueil parisien servant une élite avait pourtant déjà montré ses limites lors du tournage d'un clip faisant la promotion de la candidature de Paris par le réalisateur Luc Besson : le peuple avait boudé l'invitation et seules les starlettes parisiennes du show biz avaient répondu présent. La campagne Paris 2012 aura coûté 40 millions d'euros.
Certains détracteurs chuchottaient déjà, au lendemain de la victoire de Londres, que Paris 2012 était le dossier d'une élite parisienne et que ce mélange entre spectacle et politique n'avait pas pris. D'autres n'auront pas oublié les phrases de M. Chirac très en verve contre tout ce qui venait du Royaume-uni. Un comportement si peu diplomate pour par exemple s'amuser en public de l'art culinaire anglais. Mais que dire d'une délégation française majoritairement politique et blanche alors que la délégation anglaise proposait des sportifs et un cosmopolisme original ? Une chose est certaine, le gouvernement français va devoir être plus pragmatique et conciliant avec le gouvernement britannique qui a, rien qu'avec la présidence semestrielle de l'Union européenne, de quoi faire avaler une certaine fierté tricolore sur d'épineux dossiers plus complexes que les JO.
Le département compétition de Michelin a annoncé ce jour (27 juin 2005) dans un communiqué de presse avoir "sous estimé le virage relevé appelé banking" du circuit où s'est déroulé le Grand Prix des USA.
La France se situe au 31ème rang mondial des plus grands consommateurs de quotidiens au monde avec 167 exemplaires diffusés pour mille habitants (Source World Press Trends, WAN, Edition 2004). En 2003, les Islandais étaient les plus grands consommateurs de quotidiens au monde avec 705,9 exemplaires diffusés pour mille habitants, suivis par les Norvégiens (684 quotidiens pour mille habitants) et les Japonais (646,9 quotidiens pour mille habitants).
Comment expliquer ces chiffres ? Au-delà du critère économique et de l'accès à l'information via Internet, il faut bien parler de décalage entre l'élite journalistique parisienne et le consommateur. Car si la presse quotidienne régionale et départementale résiste avec Ouest-France (762 404 exemplaires en 2003), Le Parisien (355 586 exemplaires), Sud-Ouest (318 176 exemplaires) ou La Voix du Nord (304 678 exemplaires), les titres de la presse nationale sont victimes d'une régulière érosion qui profite à la presse gratuite (2 millions d'exemplaires pour 20 Minutes). Le 14ème Observatoire de la presse (2003) montre que Le Monde se maintient notamment grâce à ses abonnements "administratifs" (ministères, ambassades...) avec 345 231 exemplaires, puis viennent Le Figaro (340 464 exemplaires), L'Equipe (326 728 exemplaires). Derrière ce tiercé de tête, c'est le vide : Libération est à 151 308 exemplaires et Aujourd'hui en France à 148 388 exemplaires.
Le consommateur a besoin de retrouver une information factuelle et de proximité avec des conseils pratiques (météo locale, circulation automobile...) dans un format quotidien. A l'image de ce que les radios nationales ont mis en place avec les décrochages régionaux dans les grandes éditions. Le lecteur rejette les articles qui font un amalgame entre le commentaire et l'information. Cette confusion de styles si particulière en France, a accentué la perte de confiance du lectorat au moment où la télévision n'est plus reconnue pour la crédibilité de son information dans des journaux devenus des magazines. D'où le succès notamment des quotidiens gratuits. L'avenir de la presse écrite nationale passe par une remise en cause des rédactions. Tant qu'une élite écrira pour flatter un égo, le fossé se maintiendra entre Français et quotidiens d'information.
Le simulacre de course automobile, dimanche 19 juin 2005 sur le circuit d'Indiannapolis, a encore marginalisé une discipline déjà peu reconnue sur le continent américain.
Depuis une petite décennie, les argentiers de la Formule 1 tentent en vain d'improviser des recettes miracles pour offrir au spectateur et aux télévisions du spectacle : dépassements, courses à suspens... Sans vision stratégique, ces empilements de nouveaux règlements ont certes garanti une sécurité des pilotes et des spectateurs mais ont creusé un peu plus le fossé entre le show biz de la caravane circus et des fans qui se ruinent pour apercevoir des bolides tourner en rond. Alors que les "VIP" sont invitées dans les salons feutrés du "Formula 1 circus", une majorité de spectateurs se saigne pour suivre ses idoles. L'objectif des patrons de la Formule 1 reste le profit : droits tv, recettes publicitaires... ils n'ont pas hésité à délocaliser leur Championnat sur des circuits inventés en plein désert pour contourner la réglementation européenne en matière de promotion d'alcool ou de tabac. Ce qui s'est passé dimanche 19 juin ridiculise la Formule 1 au pays où le championnat "Indy" attire pilotes et constructeurs internationaux dans des courses relevées avec notamment une assistance au pilotage très limitée. La bronca des spectateurs américains dimanche sur le célèbre speedway d'Indianapolis n'aurait pas été si forte si les voitures équipées de pneumatiques Michelin avaient été en minorité. Personne alors n'aurait trouvé à redire sur le retrait volontaire de six voitures après le tour de formation. Chaque spécialiste aurait invoqué le règlement. Et si tout le monde en parle ce lendemain de Grand Prix, c'est uniquement parcequ'une majorité de pilotes a respecté les consignes de son équipe dont le constructeur-financier a tenu tête au pouvoir politique de la Formule 1. Ce pouvoir politique travaille sous la pression de Ferrari dont les voitures sont équipées de pneumatiques Bridgestone. C'est bien ce règlement qui a tué la Formule 1 aux Etats-Unis, marché commercial si attractif pour les Renault, Toyota, Honda, BMW ou Mercedes.
Comment les ingénieurs de la firme de Clermont Ferrand ont pu oublier dans leur préparation les paramètres spécifiques de cette piste américaine avec notamment ce fameux "banking" - endroit où le pilote Ralf Schumacher (Toyota) est violemment sorti lors des essais libres, victime d'une avarie d'un de ses pneumatiques Michelin ? Comment les patrons de la Formule 1 osent adopter de nouveaux règlements sans en évaluer la conséquence ou comment peuvent-ils vouloir favoriser des accidents mécaniques ?
En février 2004, le ministre de l'agriculture Hervé Gaymard a pris des décisions de suspensions de certaines substances actives pour répondre
aux attentes des apiculteurs français avant les élections régionales, par principe de précaution au regard de l'environnement, puis au regard de la santé publique, avant d'avouer en septembre
2004 dans un entretien avec un hebdomadaire que cette décision avait été prise suite à une pression médiatique. Cette gestion cache d'étranges réseaux vendéens et une absence de politique en
matière de santé des végétaux en France. Le gouvernement français a soutenu le maintien de l’autorisation du paraquat en 2003 auprès de la Commission européenne alors que des données
montrent les cas humains recensés après notamment ingestion du produit et donc des mortalités humaines prouvées. Pourquoi la France n’a-t-elle pas privilégié une même approche communautaire
pour ce dossier apicole ? Pourquoi ne pas se battre en faveur d’une harmonisation européenne notamment du classement toxique des insecticides ? Un produit peut-il être dangereux en France et
non en Belgique ?
Souvenez-vous des triazines, interdites en France avec un délai d'écoulement pour des raisons de pollution de l’environnement, quelques mois
avant la décision européenne… et le cas de l’arsénite de soude retiré sans délai car reconnu pour son pouvoir cancérogène. Retirer un produit pour des raisons de santé publique en laissant les
stocks écouler aurait-il un sens ? Pourquoi le fipronil dangereux en agriculture pour la santé publique ne serait-il pas dangereux en usage domestique (biocides, colliers antipuces...) pour la
santé publique ? Qui ment : l’industrie du médicament vétérinaire ou les pouvoirs publics ? L'Allemagne et la Suisse sont confrontées à des mortalités d’abeilles, pourtant cet insecticide n’y est
pas utilisé ou pas autorisé. De même, comment expliquer les données relatives aux mortalités d’abeilles en Corse ou dans les Vosges, zones situées en dehors des régions de grandes cultures ? Le
1er octobre 2004, pour la première fois en France, les directions des services vétérinaires du ministère de l'agriculture diffusaient le bilan de la surveillance des troubles
d'abeilles en 2004. Ce bilan n'a pas été publié de façon académique puisque sans une fuite organisée, il serait resté dans les cartons du cabinet de M. Gaymard. Les conseillers du ministre
avaient en effet ordonné de classer ces données "document de travail jusqu'au 14 octobre 2004", date de l'ouverture du congrès annuel de l'Union nationale des apiculteurs de France
(UNAF). On comprend l'embarras de ce même cabinet face notamment à l'article de presse d'un quotidien national, puisqu'il avait reçu début octobre Frank Alétru, délégué du président de
l'UNAF et Henri Clément, président de l'UNAF, pour leur garantir le silence du ministère de l'agriculture. Curieusement, le cabinet du ministre de l'agriculture a critiqué ce bilan en démolissant
le travail de ses services de contrôle (vétérinaires). Pourquoi cette attitude ? Pourquoi ce comportement secret vis à vis de l'UNAF ? Serait-ce le fait que Frank Alétru, également porte parole
national des apiculteurs, FDSEA Vendée, président du syndicat des apiculteurs de Vendée est conseiller municipal de Saint-Laurent de la Salle, commune proche de la maison de campagne du directeur
de cabinet du ministre de l'agriculture ? En tous cas le ministre de l'agriculture n'a pas aimé apprendre que moins de 1% du cheptel apiaire français serait concerné par des troubles ou
mortalités en 2004.
Curieusement, M. Gaymard annonçait à l'automne 2004 que les USA levaient leur embargo sur quatre des onze établissements français producteurs
de viandes, mesure imposée en février 2004 suite à une inspection sanitaire américaine mettant en cause l'hygiène des établissements concernés. Ces exportations vers les USA sont nettement
inférieures à 1% des exportations françaises de foie gras. Ce même Gaymard avait interdit deux substances actives parce que moins de 1% des ruchers français avaient des phénomènes de troubles ou
de mortalité. Avec une telle théorie sur le 1%, ce Gaymard ne pouvait que quitter l'agriculture pour les finances.
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