Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 08:23

 

Depuis 2000, L'Etablissement français du sang (EFS) a été désigné opérateur unique par l'Etat. Cela veut dire que le ministère chargé de la santé a confié à cet établissement public le monopole de la transfusion et du don du sang. En 2010, ce sont plus de 3 millions de prélèvements réalisés en France auprès de donneurs volontaires.

Mais si le don est gratuit en France, l'Etat fixe le prix de la pochette de sang en fonction des besoins des hôpitaux : 179 euros ht la pochette de concentré de globules rouges en 2010. L'EFS est donc plus qu'un simple service public et dégage même un chiffre d'affaires, 842 millions d'euros en 2010. Ainsi les établissements de santé achètent directement les produits dont ils ont besoin aux centres régionaux de l'EFS. Pour mener à bien ces nombreuses activités, un groupement d'intérêt public a été créé par le ministère chargé de la santé : le Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies, censé être le portail de la recherche de l'EFS. Cette société anonyme a réalisé en 2010 un chiffre d'affaires de 411 millions d'euros, dont 57 millions à l'étranger. Car si les 3 millions de prélèvements réalisés en 2010 ont permis de soigner directement 1 million de malades en France (source EFS), la majorité de l'activité physique et commerciale de ce Laboratoire sous l'égide de l'EFS concerne l'industrie lucrative du médicament. De là à dire qu'un geste solidaire alimente la puissante industrie du médicament... je sais, il y a un pas que les nombreux argumentaires ou foires aux questions de l'EFS risquent de torpiller en prônant cette naïveté formidable de l'image du donneur bénévole sauvant des vies avec son sang. C'est vrai, mais ce fameux geste solidaire n'est que la partie immergée d'un "iceberg" construit par les autorités sanitaires avec des velléités marchandes.
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Dimanche 24 juillet 2011 7 24 /07 /Juil /2011 08:50

Nürburgring, rien qu'à la prononciation de son nom chargé d'histoire et d'anecdotes, l'émotion est garantie. Imaginez un tracé de 20,8 km, situé à 70 km au sud de Cologne et à 12à km au nord de Francfort, se faufilant dans les montagnes du Mont Eifel.monde entier.


En noir, le tracé actuel emprunté notamment par les F1
L'histoire de Nürbugring commence en 1912 avec la naissance du projet de création de la première piste permanente automobile allemande. Ce projet est mis entre parenthèse avec la 1ère guerre mondiale. En 1925, le Dr Otto Creuz convint le gouvernement allemand qu'une grande piste automobile serait génératrice de nombreux emplois dans la région de l'Eifel. Dès 1926, 3 000 ouvriers seront chargés de transformer les plans d'un certain Gustav Eichler en réalité. La boucle du Nord de 22,81 km, la Nordschleife, et la boucle du Sud de 7,75 km, la Südschleife, partageaient la même ligne de départ et d'arrivée de 20 mètres de large. Une fois combinée, elles formaient les 28,27km de la Gesamtstrecke.

Le 19 juin 1927
, Rudolf Caracciola gagnera la toute première course, frappant de stupeur la foule en empruntant la piste en béton en dévers du Karussell, qui à la base ne devait servir que pour le drainage. Au mois de juillet suivant, Otto Merz y remportera le premier Grand Prix après que Caracciola soit tombé en panne pendant la course.
C'est en 1935 et devant 300 000 spectateurs allemands que naîtra la première histoire légendaire du Nürburgring d'une longue liste, lors d'une bataille féroce dont sortira vainqueur l'italien Tazio Nuvolari au volant de son Alfa-Romeol, premier non-allemand à gagner un Grand Prix face à l'armada des Mercedes. Lors de l'édition de 1936 du Eifelrennen, la piste sera recouverte à mi-parcours d'un épais brouillard, forçant tous les pilotes à ralentir. Mais Bernd Rosemeyer, qui connaissait la piste comme personne, tournait 30s plus vite que tous ses rivaux, dont Nuvolari et Caraciolla. Lors du Grand Prix de la même année, il battra en course le record du tour, en devenant le premier à passer sous la barre des 10 minutes. En 1938, une nouvelle section de la piste est ouverte, la Stichstrasse, permettant à la Südschleife de devenir un circuit indépendant en court-circuitant les lignes droites de départ et d'arrivée. Puis la 2nde guerre mondiale éclate et ltoute activié stoppée jusqu'en 1950.


En 1957 et après avoir gagné les quatre Grand Prix précédents, Juan-Manuel Fangio y réalisa une performance qui restera dans les annales, battant au passage le record de la piste vieux de 20 ans de Rosemyer et remportant le Grand Prix face à des pointures comme Mike Hawthorn, Peter Collins, Tony Brooks ou Stirling Moss. En 1958, et même s'il ne gagna pas le Grand Prix de cette année-là, l'Allemand Wolfgang von Trips rentrera dans l'Histoire en devenant le premier pilote à passer sous la barre des 9 minutes. En 1967, la chicane d'Hohenrain est ajoutée au début de la ligne droite de départ/arrivée, afin de réduire la vitesse à l'entrée des stands, la réputation de dangerosité du circuit commençant à devenir un véritable problème, ce qui n'empêchera pas le belge Jacky Ickx de passer sous la barre des 8 minutes en 1969, gagnant le Grand Prix de cette année-là avec une vitesse moyenne de 175km/h. Mais en 1970, la grogne des pilotes aura raison du Ring. Cette année, le Grand Prix est transféré à Hockenheim pendant que la Nordschleife subira de nombreuses modifications : certains virages sont ajustés ou raccourcis, des kilomètres de rambardes sont ajoutées et de nombreuses bosses sont aplaties, permettant au Grand Prix de revenir l'année suivante.

En 1975
, l'autrichien Niki Lauda pulvérise le record du tour, devenant au passage le premier pilote à passer sous la barre des 7 minutes avec un tour réalisé en 6min58s aux essais. Un titre qu'il conservera définitivement, puisque l'édition de 1976 du Grand Prix de F1 sera la dernière sur une Nordschleife dont la sécurité n'est plus en adéquation avec les standards toujours plus élevés imposés par les organisateurs. Un danger bien présent dont Niki Lauda fera malheureusement la démonstration en perdant le contrôle de sa F1 (suite à la casse probable d'une suspension arrière) sur la courbe rapide arrivant sur Bergwerk. Passant très près de la mort, il sortira de cet accident défiguré.


En 1981, de nouveaux travaux commencent, menant à la destruction de la zone de départ/arrivée originelle et d'une partie de la Südschleife qui n'était plus exploitée ni entretenue depuis 1973. La longueur de la Nordschleife passera alors à 20,83 km, telle qu'on la connaît aujourd'hui. En 1983, durant des qualifications, Stefan Bellof réalise le tour le plus rapide jamais réalisé au volant de sa Porsche 956 avec un temps de 6min11s. En 1984, le circuit de F1 tel que nous le connaissons aujourd'hui accueille son premier Grand Prix, qui sera gagné par Nelson Piquet sur sa Brabham BMW. Le Nürburgring étend son domaine d'activité en 1985, en accueillant un festival de rock exceptionnel, le Rock Am Ring. Devant le grand succès rencontré, il deviendra un évènement annuel qui est toujours aussi populaire aujourd'hui. Le Nüburgring Old Timer Grand Prix voit le jour en 2002, et permet à d'anciennes voitures de course de parader sur la Südschleife. En 2007, Nick Heidfeld réalise un temps de 6min30 au volant de sa F1 BMW lors d'un évènement promotionnel. La même année, une grande partie des stands et des constructions de bord de piste, incluant la piste de kart et le musée, sont détruites afin de faire place au nouveau plan de développement, toujours en cours aujourd'hui. Le périmètre de sécurité autour de la piste, des barrières de 3m de haut, est terminée, afin d'éloigner les spectateurs.


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Samedi 9 juillet 2011 6 09 /07 /Juil /2011 08:11

Interdites au niveau européen après l'apparition de la maladie de la vache folle, les farines animales pourraient être de nouveau acceptées pour certains types d'élevages. Depuis début 2008, Bruxelles (dans le cadre de la PAC) étudie, suite à l'augmentation des prix des aliments importés pour bétail (100 % d'augmentation pour le soja chinois et brésilien) de réintroduire, non pas les farines produites à partir de sous-produits issus de ruminants, mais celles produites avec des restes de porcs, de volailles et de poissons, à certaines conditions. Les représentants des formes d'élevage non-conventionnels (raisonné, biologique, petits élevage traditionnels...) préfèrent un renforcement des soutiens pour l'élevage à l'herbe et notamment pour la production de fourrages à base de légumineuses (luzerne, vesce, lotier...).

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En juillet 2010, Bruxelles avait proposé de lever l’interdiction du recours à « certaines farines animales » pour l’alimentation des non-ruminants et de mettre fin à l’abattage systématique des animaux menacés lorsqu’un cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) est décelé dans un troupeau. Le 6 juillet 2011, le Parlement européen a accueilli favorablement la proposition de la Commission européenne de lever, sous conditions, l’interdiction des protéines animales transformées dans l’alimentation des non-herbivores, notamment les porcs. Il s’est opposé en revanche à la réduction des budgets consacrés à la recherche sur l’ESB. Outre une réintroduction strictement destinée aux non-herbivores (volailles, porcs), le Parlement européen exige que les protéines animales transformées (PAT) proviennent uniquement d’espèces n’ayant aucun lien avec les encéphalopathies spongiformes transmissibles. En France, l'instance consultative du Conseil national de l'alimentation (CNA) a émis un premier avis favorable pour cette réintroduction. L'avis définitif du CNA est attendu pour septembre 2011. Puis viendra celui de l'agence nationale sanitaire (ANSES).

 

Vocabulaire et embalement de M. le ministre
"Tant que je serai ministre de l'agriculture, les farines animales ne seront pas réintroduites en France. J'en prends l'engagement" a déclaré Bruno Le Maire, ministre de l'agriculture. 10/10 pour cette envolée lyrique de notre ministre de l'agriculture. Rappelons au ministre que nous sommes dans un marché commun où les produits circulent librement. Plus grave M. le ministre, comment garantir une telle application sachant que l'étiquetage final pour le consommateur n'évoque pas la composition des produits destinés à l'alimentation animale et qu'il n'y aura aucun moyen pour vérifier la séparation de filières entre la fabrication d'aliments pour poissons ou pour bovins?

Oubliés les 67 cas d'ESB déclarés en 2009 en Europe. Oubliés également le terme "farines animales" devenu gros mot. On parle désormais de protéines animales transformées (PAT). Le CNA propose des avis aux pouvoirs publics sans aucune évaluation scientifique que ce soit sur la santé humaine ou animale. Sa dame de coeur - une certaine Véronique Bellemain - explique aux journalistes qu'en Asie ou en Afrique de tels sous produits (PAT) sont mangés par les humains. Quant à l'argument fumeux de Mme Bellemain soulignant qu'on "consomme de plus en plus de poissons dans le monde, or pour nourrir et les élever, on fait peser une pression supplémentaire sur la pêche minotière", c'est oublier que l'Europe a accepté de limiter son soutien aux cultures de protéine végétale et s'est engagée à importer du soja américain sans droits de douane. Selon des économistes, avec une meilleure utilisation du colza et une reconversion de seulement 7% des surfaces en céréales, on pourrait réduire nos importations de protéines animales de 41%. Au-delà d'une fibre écologique, il faut voir dans l'origine de l'entêtement de Mme Bellemain son passé professionnel, au ministère de l'agriculture, où elle a travaillé main dans la main avec les industriels de l'alimentation animale et de l'industrie du médicament vétérinaire.

 

Poule aux oeufs d'or

Il faut savoir que les co-produits non consommés absorbés directement par l'industrie alimentaire comme certains abats, peaux, graisses… représentent un volume important. Deux problèmes se sont posés aux deux filières de l'élevage animal et de la pêche. Comment valoriser les sous-produits et comment les détruire? En effet, s'ils ne sont pas utilisés, le volume des déchets est tel qu'il implique qu'ils soient détruits au sein d'unités spécialisées puisque l'enfouissement est également source de pollution et de risque sanitaire. Les farines animales sont donc devenues un business très rentable avec des circuits bien organisés à l'image de la valorisation des produits issus de centres d'équarrissage. En 1997, les farines animales représentaient 2,4% des matières premières utilisées pour la fabrication d'aliments composés pour l'homme. Depuis la crise de l'ESB, l'industrie de la valorisation des farines animales s'est réorientée notamment dans les fertilisants. 

 

En attendant les avis définitifs des autorités sanitaires, une telle réintroduction risquerait de mettre à mal un des acquis de la crise de la vache folle : la traçabilité. Nous savons que les équarrisseurs mélangent par exemple les animaux sans aucune traçabilité. Et dans un élevage, si par "erreur" les bovins mangeaient des protéines destinées aux volailles, ou les procs des protéines destinées aux poissons? Comment le consommateur pourra savoir si ses aliments proviennent d’animaux qui auront été nourris (ou pas) par l’homme avec des protéines provenant de l’incinération des restes d’autres animaux?

 

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Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 07:40

Coincé entre le Buckinghamshire et le Northamptonshire, le circuit de Silverstone est à deux pas de Milton Keynes, village qui abrite le siège de l'équipe autrichienne Red Bull racing. Silverstone, c'est d'abord un héritage de l'histoire où chaque passionné britannique vient communier sa croyance dans le sport automobile. La campagne est belle et verte. Les spectateurs cultivent l'esprit gentleman et patientent sans broncher dans leur Jaguar familiale pour franchir les kilomètres de bouchons sur les petites routes de campagne.

 

Silverstone, c'est aussi le berceau du patriotisme britannique. Ancienne base aérienne de la Royal Air Force mise en service en 1943, devenue propriété du Royal Automobile Club à la fin de la seconde guerre mondiale. En 1948 Silverstone accueille sa première course, le grand prix de Grande Bretagne de Formule 1, sur les pistes de l'ex aérodrome. Dès 1949, ces pistes d'aviation sont abandonnées au profit du tracé extérieur. Longtemps considéré comme le temple de la vitesse, Silverstone a subi des réaménagements du tracé pour devenir certes moins rapide mais techniquement très éprouvant et intéressant pour le pilotage. Le réglage des voitures est un compromis entre vitesse de pointe élevée et grandes courbes nécessitant beaucoup d'appuis. Sans oublier le vent qui perturbent souvent les données théoriques des ingénieurs et rend les conditions climatiques aléatoires, c'est l'été caniculaire ou une succession d'averses avec une température de 14° degrés. Heureusement depuis 1948, le flegme britannique est toujours présent.


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Dimanche 3 juillet 2011 7 03 /07 /Juil /2011 08:00

La veille de son déplacement dans la Sarthe à la rencontre d'agriculteurs, le président Sarkozy a eu la désagréable surprise de la publication d'un nouveau rapport dans le quotidien LES ECHOS du 27/06/11 sur les marges des prix agricoles dans la distribution. Depuis dix ans et sur bon nombre de produits issus notamment de l’élevage, les marges des distributeurs ont fortement augmenté tandis que la plupart de celles de leurs fournisseurs ont baissé, indique le rapport Chalmin sur l’observatoire des prix et des marges présenté aujourd’hui au gouvernement. Selon l'article des Échos, pour la longe de porc par exemple, en 2000, 45 % du prix final allaient au producteur ; en 2010 il n’en percevait plus que 36 %. L’abatteur a également perdu une part de ses marges, ajoute le quotidien économique, passant de 11 % à 8,8 %. Le pourcentage du distributeur a, lui, augmenté de 39 % à 55 %. Un phénomène similaire a concerné d’autres produits comme le lait longue conservation, le beurre, les viandes bovines, les fruits et légumes.

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