Magny Cours : l'enfer du décor pour les touristes

Publié le par gunnar

IMG-4898.jpgChaque année est la dernière. Il devait y avoir des hôtels, une autoroute... et rien de tout cela. Le circuit de Nevers Magny Cours est planté dans la campagne. Puis les politiques de la Formule 1 donnent une nouvelle chance au circuit de la Nièvre française et c'est reparti pour un tour. Zoom sur l'envers du décor de Magny Cours, ce côté si français dans l'inhospitalité mérite quelques lignes.
La gare SNCF de Nevers. Des centaines de voyageurs y transitent le dimanche (jour de la course) pour se rendre à Magny Cours et rien n'y est "fait" pour les accueillir correctement, pour fêter l'événement. Les cafés pourraient en profiter pour ouvrir un dimanche et remplir leurs caisses. Seuls deux enseignes médiocres sont ouvertes dont un superbe Döner Kebab.

La navette Gare - circuit. Les files d'attente françaises où rien n'est prévu. Des personnes achètent leur ticket sur le quai de la gare routière, d'autres dans les bus qui ouvrent leurs portes au dernier moment attendant que celui qui précède soit parti. C'est la bousculade et le charmant monsieur qui vend les tickets n'a pas de monnaie, alors quand il doit faire l'appoint (avec un tarif débile fixé à 11 euros) sans parler anglais pour les Italiens, Anglais ou Allemands... cela se complique. Le chauffeur offrirera un gand moment de conduite avec téléphone portable au volant pour vérifier son chemin entre les charolaises, l'héliport et le bout du parking.

L'arrivée. Aucun accueil, les passagers des bus foulent une route qui contourne le circuit et longe l'héliport pour accéder à l'entrée principale, le tout dans une sécurité très précaire. Chacun se dirige vers sa tribune ou sa colline enherbée. Les plus chanceux arrivent au pied de leurs tribunes. Imaginez ces personnes qui ont payé 300 euros pour suivre leurs idoles. Ils voient des gradins dignes de stades de football de division d'honneur, non couverts, où aucun accueil digne de ce nom n'est organisé. Les toilettes ne ressemblent même pas aux sanitaires d'un camping 1 étoile et un seul distributeur de billets est mis à disposition pour le public. Allez dans un tournoi international de tennis, à ce prix là, on vous offre un verre, une casquette... Admettons que La Formula One Organization régente tout ; la casquettIMG-4958.jpge à 20 euros, le t-shirt à 40 euros (et plus il y a de sponsors, plus c'est cher), la bière à 6 euros... Mais comme beaucoup d'autres sports où les dollars sont rois, force est de constater qu'il y a une fracture entre un public populaire et passionné qui se saigne pour entendre et apercevoir des F1 et un cercle restreint et très hermétique où des vedettes et journalistes parisiens d'un jour s'incrustent pour siroter du champagne. Quand enfin les "petites" personnes s'installent sur leur siège, elles découvrent un circuit mal conçu où rien n'est fait pour rapprocher les pilotes des spectateurs. Les écrans géants ne sont pas visibles de toutes les tribunes. Rien n'est fait pour expliquer l'évolution de la course.

En rentrant sur Nevers, je discute avec un Japonais qui a spécialement fait le voyage pour vivre ce Grand Prix. Trois jours à Magny Cours et il retourne au Japon, mais avec quelle image ? Quelle honte vis-à-vis de ces touristes qui n'ont pas du tout l'impression d'être dans un Etat membre de l'Union européenne. Messieurs les organisateurs locaux et autres membres des collectivités locales et territoriales, ce n'est pas du tout le caractère campagnard qui est reproché au circuit de Magny Cours mais bien l'incompétence de ses organisateurs.

Publié dans sports

Commenter cet article

gunnar 03/07/2007 22:03

que cela fait chaud de te lire, liebe Queen Monther. Je dois compléter cette note en avouant que le pote et moi avions envie de pousser la chanson rugbystique dans le bus du retour vers la gare... juste pour laisser un bon souvenir à ce touriste japonais.Tussgunnar

Queen mother 03/07/2007 16:33

Tes photos ne sont pas mal du tout...à part cela, je m'en fiche un peu des petites ouatures qui tournicotent à n'en plus finir. Ta description de cette dés-organisaiton tellement "France profonde" est tout de même assez réjouissante. Allez, camarade, files au stade pour te changer les idées !