Lors de la dernière foire agricole de Paris en février 2008, je vous avais proposé ce coup de gueule sur la crise
alimentaire. Cette alerte fait aujourd'hui l'actualité.
Souvenez-vous des sourires de toute la famille agricole réunie à Paris. Les agriculteurs rient et les consommateurs qui boudent : c'en est désormais fini des céréales bon marché. Les cours du blé
mais aussi du maïs, de l'orge, de l'avoine, du sorgho et du riz battent tous les records sur les marchés mondiaux. Au delà des phénomènes conjoncturels (lire la véritable menace des biocarburants), la naturelle insuffisance de l'offre par rapport à une demande en rapide expansion est le
principal facteur de cette crise qui menace la planète. Ainsi pour engraisser de 1kg, une vache doit manger 3 kg de fourrage. La valse des étiquettes est particulièremet tragique pour les pays les
plus pauvres pour qui manger devient un luxe. L'équation est simple : de plus en plus de bouches à nourrir sont réparties inégalement, la concurrence entre les récoltes pour manger et celles pour rouler est de plus en plus vive, 36 Etats ont eu recours à l'aide alimentaire extérieure en 2007.
En 2007, la facture céréalière des 82 pays à faible revenu et à déficit vivrier a atteint 28 milliards de dollars, soit une hausse de 14% en 1 an. Si les pays producteurs décident de restreindre
leurs exportations pour faire baisser chez eux les prix de l'alimentation, les cours mondiaux vont encore grimper et les pays les plus pauvres devoir restreindre leurs importations.
commentaires