Dimanche 16 novembre 2008
Tous les médias ont traité la crise financière. Vous savez tout sur les réunions
politiques, les dernières déclarations, le cours de l'Euro et les actions du CAC 40... cette crise en occulte curieusement une autre encore plus grave en termes de sané publique ; la crise
alimentaire.
En 2007, la facture céréalière des 82 pays à faible revenu et à déficit vivrier avait déjà atteint 28 milliards de dollars, soit une hausse de 14% en 1 an. Et comme les pays producteurs ont
récemment décidé de restreindre leurs exportations pour faire baisser chez eux les prix de l'alimentation, les cours mondiaux ont encore grimpé et les pays les plus pauvres vont devoir restreindre
leurs importations. Les cours du blé mais aussi du maïs, de l'orge, de l'avoine, du sorgho et du riz battent tous
les records sur les marchés mondiaux. Au delà des phénomènes conjoncturels (lire la véritable menace des biocarburants), la
naturelle insuffisance de l'offre par rapport à une demande en rapide expansion est le principal facteur de cette crise qui menace la planète. Il faut par exemple 3 kg de fourrage pour permettre à
une vache d'engraisser de 1 kg. Manger devient pour de nombreuses personnes un luxe : 36 Etats ont eu recours à l'aide alimentaire en 2007. L'équation est simple : de plus en plus de bouches à
nourrir sont réparties inégalement, la concurrence entre les récoltes pour manger et celles pour rouler est de plus en plus
vive.
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