Mardi 25 mars 2008, il aura fallu que le quotidien Le
Parisien publie un article relatif à la présence de viandes avariées dans la chaîne alimentaire pour que le Directeur général de la Santé confirme cette information et le Directeur
général de l'alimentation donne à la presse tous les détails sur le cheminement de cette viande. Pendant ce temps, rien n'était diffusé sur les sites Internet des ministères de l'Agriculture
ou de la Santé (pourtant pourvu d'une rubrique sur les alertes). Ce n'est pas la première fois que la filière viande française est touchée par un incident sanitaire et
au-delà de la salubrité des aliments, se pose l'éternelle question de l'information du consommateur. Les
autorités sanitaires françaises préfèrent ne pas parler de leurs contrôles positifs et minimisent les faits, en accord avec les professionnels concernés.
Souvenez-vous, c'était le 28 novembre 2006, 3 jours après que plusieurs tonnes de viande
avariée aient été saisies dans le Val d'Oise lors de la mise en évidence d'un traffic organisé, les services vétérinaires du Maine et Loire contrôlaient 22 tonnes de boeuf dans la société Covi,
spécialisée dans la préparation de plats cuisinés, raviolis et corned beef. La viande avait été livrée le 24 novembre par l'entreprise Charal. Cinq pains de boeuf (sur 6) présentaient des
défauts visuels (nécroses, lésions hémorragiques). Un autre stock de viande livré par Soviba se révélait également suspect. L'ensemble de la viande était consigné et Covi était placée sous
contrôle vétérinaire. Aucune information n'était faite jusque la Direction générale de l'alimentation reconnaisse que "cette
viande consignée aurait dû être au mieux destinée à l'alimention animale". Chez Covi, on affirmait que les contrôles réalisés dans le site
de production corrézien n'avait révélé aucun problème. Même son de cloche chez Soviba où l'on prétendait qu'aucun lot non conforme n'auvait été livré.
Pourtant le 15 décembre 2006, la Direction générale de l'alimentation diffusait un bulletin
d'alerte et rappelle avec les Fraudes 650 000 boîtes de corned beef, 550 000 autres boîtes de la période de production n'ayant pas été distribuées dans les magasins. Covi gèrait elle-même le
rappel. Toujours aucune information destinée au grand public. Or l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) considèait que "si une quantité de microbes sont très importantes, la stérélisation ne suffit pas". L'alerte
européenne diffusée le 21 décembre 2006 faisait mention de "produits susceptibles d'être dangereux pour la santé
humaine" et concernait la Grande Bretagne, l'Irlande, la Belgique et la Grèce. Il avait fallu que l'affaire soit dévoilée par le quotidien
Le Parisien du 16 janvier 2007 pour que les autorités sanitaires parlent et répondent aux médias et fassent leur devoir d'information. Pendant ce temps,
les professionnels concernés refusaient de se remettre en question.
Actualisé le 12 avril 2008 : Et ce n'est pas fini, mercredi 9 avril 2008,
l'hebdomadaire Le canard enchaîné évoquait une note de M. Bournigal, Directeur général de l'aimentation, sur l'état des abattoirs en France. Edifiant : 46% des abattoirs de volailles
ne seraient pas conformes, 42 % des autres abattoirs écoperaient d'une mauvaise note.
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