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Interdites au niveau européen après l'apparition de la maladie de la vache folle, les farines animales pourraient être de nouveau acceptées pour certains types d'élevages. Depuis début 2008, Bruxelles (dans le cadre de la PAC) étudie, suite à l'augmentation des prix des aliments importés pour bétail (100 % d'augmentation pour le soja chinois et brésilien) de réintroduire, non pas les farines produites à partir de sous-produits issus de ruminants, mais celles produites avec des restes de porcs, de volailles et de poissons, à certaines conditions. Les représentants des formes d'élevage non-conventionnels (raisonné, biologique, petits élevage traditionnels...) préfèrent un renforcement des soutiens pour l'élevage à l'herbe et notamment pour la production de fourrages à base de légumineuses (luzerne, vesce, lotier...).
En juillet 2010, Bruxelles avait proposé de lever l’interdiction du recours à « certaines farines animales » pour l’alimentation des non-ruminants et de mettre fin à l’abattage systématique des animaux menacés lorsqu’un cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) est décelé dans un troupeau. Le 6 juillet 2011, le Parlement européen a accueilli favorablement la proposition de la Commission européenne de lever, sous conditions, l’interdiction des protéines animales transformées dans l’alimentation des non-herbivores, notamment les porcs. Il s’est opposé en revanche à la réduction des budgets consacrés à la recherche sur l’ESB. Outre une réintroduction strictement destinée aux non-herbivores (volailles, porcs), le Parlement européen exige que les protéines animales transformées (PAT) proviennent uniquement d’espèces n’ayant aucun lien avec les encéphalopathies spongiformes transmissibles. En France, l'instance consultative du Conseil national de l'alimentation (CNA) a émis un premier avis favorable pour cette réintroduction. L'avis définitif du CNA est attendu pour septembre 2011. Puis viendra celui de l'agence nationale sanitaire (ANSES).
Poule aux oeufs d'or
Il faut savoir que les co-produits non consommés absorbés directement par l'industrie alimentaire comme certains abats, peaux, graisses… représentent un volume important. Deux problèmes se sont posés aux deux filières de l'élevage animal et de la pêche. Comment valoriser les sous-produits et comment les détruire? En effet, s'ils ne sont pas utilisés, le volume des déchets est tel qu'il implique qu'ils soient détruits au sein d'unités spécialisées puisque l'enfouissement est également source de pollution et de risque sanitaire. Les farines animales sont donc devenues un business très rentable avec des circuits bien organisés à l'image de la valorisation des produits issus de centres d'équarrissage. En 1997, les farines animales représentaient 2,4% des matières premières utilisées pour la fabrication d'aliments composés pour l'homme. Depuis la crise de l'ESB, l'industrie de la valorisation des farines animales s'est réorientée notamment dans les fertilisants.
En attendant les avis définitifs des autorités sanitaires, une telle réintroduction risquerait de mettre à mal un des acquis de la crise de la vache folle : la traçabilité. Nous savons que les équarrisseurs mélangent par exemple les animaux sans aucune traçabilité. Et dans un élevage, si par "erreur" les bovins mangeaient des protéines destinées aux volailles, ou les procs des protéines destinées aux poissons? Comment le consommateur pourra savoir si ses aliments proviennent d’animaux qui auront été nourris (ou pas) par l’homme avec des protéines provenant de l’incinération des restes d’autres animaux?
Oui... ils ont tous les culots à commencer par monsieur le ministre des Pesticides.