ski spectacle à Kitzbühel

Publié le par gunnar

C'est l'éternelle question de la frontière entre le sport et le spectacle. La terrible chute de Hans Grugger lors de l'entraînement de la descente de Kitzbühel (Autriche) le 20 janvier 2011 n'était pas une première sur la fameuse piste de la Streif. En janvier 2008, l'Américain Scott Macartney était miraculeusement sorti indemne d'une chute juste avant la ligne d'arrivée et avait même perdu son casque au contact avec la piste. En janvier 2009, le Suisse Daniel Albrecht avait chuté au même endroit que Macartney et était resté 3 semaines dans le coma.

L'équation n'est pas évidente pour les organisateurs de la plus prestigieuse descente de le coupe du Monde de ski. Plus de 50 000 spectateurs assistent à ce rendez-vous annuel dans le Tirol autrichien dont l'événement est évalué à 5,5 millions d'euros. Beaucoup de moyens sont déployés pour une organisation bien rodée, à laquelle travaillent 1.450 personnes, dont 240 au comité d'organisation, actif toute l'année, contre quelques dizaines en général dans les autres étapes du "cirque blanc". Le village, repaire de nombreuses vedettes et millionnaires, a su mettre à profit le prestige de sa piste exigeante et spectaculaire pour attirer des sponsors (Audi, Red Bull et l'opérateur téléphonique A1 notamment) et négocier les droits de retransmission des courses, deux postes qui rapportent chacun environ un tiers du budget. De quoi assurer le côté "quatre étoiles", la société autrichienne Red Bull a installé cette année au départ de la course une structure sur deux étages, chauffée et équipée d'un bar, qui permet aux athlètes de se concentrer loin du public, ce qui n'est pas rien quand on s'apprête à dévaler à plus de 100 km/h la pente la plus inconfortable du circuit. A cela s'ajoutent les revenus de la vente des billets car, contrairement à beaucoup d'autres stations, le public doit payer pour assister aux courses. Les prix vont de 18 euros le billet simple pour le super-G à 1 700 euros le pass de 3 jours en loge VIP. Avec quelque 100 000 spectateurs attendus en un week-end, les courses du Hahnenkamm génèrent ainsi 36 à 38 millions d'euros pour Kitzbühel et sa région.

Techniquement il a fallu trouver des solutions pour endiguer les performances des skieurs. Sur une neige classique, après 3 passages en courbe de descendeurs, la piste serait très dégradée. D'où la nécessité de durcir la neige et rendre la piste encore plus rapide, avec des sauts encore plus dangereux et des dommages irréversibles en cas de chute.

Enfin la fierté de ces athlètes empêchera tout éventuel consensus pour améliorer leur sécurité face à une Fédération internationale désorganisée et l'intérêt commercial des organisateurs. En 2013, la météo avait eu raison du business et le super G du vendredi avait dû être annulé.

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