Qui l'eut cru ? La raison du plus fort ne serait plus celle du meilleur ? On peut gagner un match de rugby et être dominé... C'est incroyable.
On ne va pas refaire ce match, mais les meilleurs joueurs du monde vont longtemps repenser à cette défaite après avoir mené 13 à 3 à la mi-temps. Il y eut d'abord l'aide d'un poteau pour valider
une transformation française. Puis une transformation néozélandaise ratée, ce superbe second essai français - avec ou sans un "en avant" - accordé et ce mépris des All Blacks à s'acharner pour
mettre un essai, refusant un drop qui leur tendait les bras. Bravo.
Ajout post coupe du monde :
Le Rugby est il victime du syndrôme du football ? La professionalisation du sport a t elle absorbée l'âme de guerriers des joueurs du XV ? L'énergie laissée dans ce 1/4 de finale face aux All
Blacks a t elle fait défaut en 1/2 finale face au XV de la rose ? Finalement, les Français ont joué contre les Anglais comme les All Blacks en 1/4 de finale.
Avec ou sans EPO, peu importe, chaque été a rendez
avec son Tour de France. Plus qu'une épreuve sportive, la grande boucle est devenue une institution rassemblant régulièrement 10 à 15
millions de spectateurs sur les bords des routes. Un succès sans faille, peu importe la domination écrasante d'un courreur, la pluie, la canicule, les étapes de transition, les arrivées au
sprint, les incontournables cols... le tour de France attire toutes les générations. Même les affaires de dopage qui rythment le cyclisme international depuis 1998, n'éloignent pas les curieux
qui peuvent attendre jusqu'à plus de sept heures sur le bord des routes. Il y a les supporters de champions ou d'équipes qui parfois garent leur camping car plus de 48 heures avant le passage du
peloton à l'endroit stratégique de l'étape. La route est coloriée et ses
côtés se transforment en d'interminables
serpents de véhicules. Les radios ou télévisions portables sont allumées. On y saucissonne souvent mais jamais dans l'agressivité. Danois, Espagnols, Texans, Belges, Italiens, Suisses, Allemands
et Français cohabitent ainsi. Quant au télespectateur, il s'installe dans un café, dans un fauteuil, sur un coin de bureau ou dans un
magasin d'électroménagers, en famille, seul, entre collègues ou en couple, pour assister à cet incontournable monument cathodique. Les villages de France, les plus belles vallées, les plus grands
monuments, les montagnes, les champs de blé, les rivières, les villes, les vaches... défilent ainsi pendant trois semaines comme une carte postale que rien ne pourrait perturber. Oubliés la
conjoncture économique, le chômage, le climat, l'Irak, l'Union européenne. Oubliés aussi les soupçons de dopage sur les derniers vainqueurs de cette course et le fait que le nom du dernier
vainqueur soit encore suspendu à l'actualité judiciaire.
Tout est mis entre parenthèses pour une épreuve fondée sur le deux roues avec qui les Français cultivent une étrange relation. Il y a
d'un côté les cuissards multicolores dominicaux et ces défis sportifs. Et d'un autre la balade paisible en rentrant de la boulangerie. Le cyclisme et le vélo. Ces deux mondes se croisent mais ne
cohabitent pas.
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