Samedi 23 février 2008
Lors de la foire agricole de Paris 2007, le quotidien Le Monde posait la question de la place de l'agriculture française et de son ministère. On sait depuis que le syndicat majoritaire français (FNSEA) a obtenu que ce thème n'échoue pas dans un secrétaire d'Etat et reste attaché à un ministère entier.

Aujourd'hui, tous les indicateurs économiques du secteur agricol sont au vert gâce à la hausse du prix des matières premières et la crise de fond de ce ministère est éclipsée par les sourires de toute la famille agriculture qui pavoise. Pourtant, les changements de nom de ce ministère pourraient à eux seuls illustrer la crise de ce secteur ; agriculture, pêche et alimentation - agriculture et affaires rurales - agriculture et pêhe. En suivant l'évolution du ministère de l'agriculture et de la pêche, on se rend compte que ses actions et ses 35 000 fonctionnaires devraient être logiquement répartis entre plusieurs ministères (finances, éducation, santé, écologie, culture et aménagement du territoire). Au lieu de profiter de la pluridisciplinarité de ses corps (enseignants, économistes, vétérinaires, ingénieurs...), le ministère français de l'agriculture s'est installé dans un mutisme perturbé par quelques crises sanitaires. Une fois ces dernières passées, les interprofessions défilent de nouveau rue de Varenne pour imposer une vision économique aux dossiers.

Autre anecdote, la dernière loi relative au monde agricole qui devait s'appeler "loi de modernisation agricole" a été changée en "loi d'orientation agricole". Comme si la modernisation de ce secteur était un gros mot. Comme si les clichés antiques pouvaient survivre dans ce secteur. Comme si l'industrialisation était le seul vocable autorisé pour les méchants OGM. C'est ainsi qu'on se retrouve avec une femière qui fait des yaourts à la louche pour promouvoir les produits laitiers d'un des leaders mondiaux de l'agroalimentaire.

Je suis persuadé qu'il y aurait matière à faire évoluer notre agriculture avec des axes de travail très simples ;
- Transférer les enseignants du secteur agricole à l'éducation nationale.
- Réformer les services de ce vieux ministère de l'agriculture en, par exemple, supprimant ses deux directions départementales au profit d'un échelon unique régional.
- Articuler filière agricole, recherche publique scientifique et instituts publics
.
- Favoriser un véritable programme culturel rural.


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Samedi 23 février 2008
L'ouverture de l'édition 2008 du salon international de l'agriculture me rappelle une superbe phrase du secrétaire général du syndicat agricole français, la FNSEA. Non que je doutais de la véracité des dires de M. Dominique Barrau, mais je n'avais simplement pas eu le temps de la reformurler. A quoi bon ? Quand on s'exclame "on est en démocratie, on n'est pas dans une tribu africaine où chacun fait sa loi", on doit assumer ce ton légèrement colonial et méprisant qui frise le bon vieux racisme du "Y'a bon Banania !". En réalité, cela ne me choque pas venant de cette maison traditionnelle qui prône le productivisme favorisant les grands céréaliers de l'hexagone.  En effet et c'est bien connu, un con cela ose tout. C'est même à cela qu'on le reconnait.
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Samedi 23 février 2008
Ce sera peut-être l'une des plus grosses bêtises de ces dernières années dans le secteur agricole. Les experts, économistes, politiques n'ont rien vu venir. Avons-nous, en dehors de la semaine du fameux salon de l'agriculture français, une politique agricole en France ? Et si l'agriculture à la française faisait fauuse route ?

Longtemps, les éleveurs laitiers jetaient une partie de leur production pour respecter les quotas laitiers. Nous étions en période de sur production. Aujourd'hui, l'offre est moins importante que la demande. Démographiquement et économiquement, cela s'explique. Mais le soudain basculement du trop plein au trop vide est intrigant. Souvenez-vous de vos derniers voyages en TGV ; les vaches dites laitières ont souvent laissé leur place dans les paturages aux races charolaises ou limousines. Les argentiers de la viande française ont pris le pouvoir de l'élevage bovin. Même dans le premier département français producteur de lait (l'Orne), les vaches charolaises sont autant visibles que les Prim'holstein. Surfant sur des crises sanitaires, tous les professionnels de la viande (de l'éleveur au grossiste) sont repartis de plus belle. Aujourd'hui, la crise de la vache folle est bien loin. Tous les compteurs de la viande sont au beau fixe. Cette bonne santé économique a fait quelques victimes. Le cnosommateur d'abord, qui achète les yeux fermés des produits au kilo toujours plus chers pour payer une "sécurité sanitaire". Cet argument devenant obsolète, on nous dit aujourd'hui que les prix suivent le coût des matières premières (alimentation pour bétail...). Les autres victimes sont les éleveurs laitiers. Ils ont transformé leur cheptel, n'hésitant pas à croiser leurs bovins avec des races à viandes pour produire des races mixtes. L'équilibre budgétaire d'un éleveur laitier était souvent conditionné par la vente de vaches de réformes (des vaches laitières vendues à un abattoir pour l'alimentaion). Mais en huit mois tout a basculé. Le cours du prix du lait triplé. Les quotas laitiers ont été corrigés, ajustés... Il faudrait aujourd'hui 100 000 vaches laitières supplémentaires pour que la France atteigne ces nouveaux quotas. S'installer en 2008 comme éleveur laitier est même une source de garantie de revenus dans le secteur de l'élevage. Rien ne vas plus ? Les négociants ou commerçants en bestiaux sont incapables de répondre à la demande des éleveurs et de leur fournir des génisses laitières. 
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Samedi 24 novembre 2007
En 1987, Marcel Bruel - notamment marqué par la crise du veau aux hormones de 1980 et le pouvoir croissant des consommateurs - avait créé un superbe jouet : le Centre d'information des viandes. Ironie du sort, ce visionnaire et syndicaliste dans l'âme décédait dimanche 18 novembre, foudroyé par une crise cardiaque à l'âge de 85 ans, quelques jours après la cérémonie qui marquait les 20 ans de cette association.

Toute l'agriculture française pleure Marcel Bruel, une des dernières figures emblématiques de ce secteur. Militant, paysan, il a été le créateur de la politique de l'élevage en France, contre-balaçant la main mise des céréaliers sur l'agriculture nationale. Chacun pense au fameux « plan Bruel pour la viande » ; vente des animaux en carcasses et sur une grille de classification, concentration des abattoirs, cotations clarifiées, identification pérenne et assainissement du bétail... Sa grande revendication sera la création d’un Office de la viande. Une grande gueule de l'agriculture française nous a quittés.


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Dimanche 9 septembre 2007
Dans un entretien au quotidien Le Monde daté du 5 septembre 2007, le ministre français de l'agriculture Michel Barnier a reservi les argumentaires des années 80 du syndicat majoritaire agricole (la FNSEA), avec un tapis rouge au productivisme.

Barnie voudrait nous faire croire qu'on a découvert du jour au lendemain qu'il faudra nourrir 9 milliards d'humains supplémentaires. Comme si nous n'avions pas dans nos politiques agricoles (nationales, européennes ou internationales) de perspectives. Certes, il n'y a pas de véritable politique au service de l'agriculture en France. Mais résumer simplement la mission de l'agriculeur à "produire pour nourrir" est dangereux même pour faire face à l'augmentation des prix des matières premières liés aux problèmes d'approvisionnement.

Car sur la scène internationale, la réduction de l'offre liée aux accidents climatiques est conjoncturelle et il y a déjà eu de tels accidents dans le passé.
Car les gouvernements vont inciter la promotion d'agrocarburants de deuxième génération, issue de la biomasse et non plus de céréales et autres productions végétales.
Car la croissance de la demande va continuer (notamment en Asie), mais ne pourrait pas justifier à elle seule le niveau des prix, aujourd'hui fortement influencé par la spéculation.

Effectivement M. Barnier, "nous sommes dans le mainstream de la société", mais les exigences notamment en matière de sécurité sanitaire ne sont pas "nouvelles". Elles datent des années 90 et ont vu le jour grâce à des crises profondes. Il faudra peut être un jour se demander pourquoi l'agriculture ne peut pas se construire de futur sans s'appuyer systémtiquement sur des crises économiques ou sanitaires. L'exemple des nitrates est révélateur : le gouvernement vient de publier un décret qui officialise l'obligation de mise aux normes des bassins versants à compter du 1er janvier 2008. Mais au lieu de légiférer ou surlégiférer, ne faudrait il pas déjà appliquer la réglementation existante ? Ce n'est pas de règlements dont l'agriculture a besoin, mais de meilleurs contrôles pas uniquement focalisés sur des critères de production.
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