Dimanche 16 novembre 2008
Lors de la foire agricole de Paris 2007, le quotidien Le Monde
posait la question de la place de l'agriculture française et de son ministère. On sait depuis que le syndicat majoritaire français (FNSEA) a obtenu que ce thème n'échoue pas dans un secrétaire
d'Etat et reste attaché à un ministère entier.
Aujourd'hui, tous les indicateurs économiques du secteur agricol sont au vert gâce à la hausse du prix des matières premières et la crise de fond de ce ministère est éclipsée par les sourires de
toute la famille agriculture qui pavoise. Pourtant, les changements de nom de ce ministère pourraient à eux seuls illustrer la crise de ce secteur ; agriculture, pêche et alimentation -
agriculture et affaires rurales - agriculture et pêhe. En suivant l'évolution du ministère de l'agriculture et de la pêche, on se rend compte que ses actions et ses 35 000 fonctionnaires
devraient être logiquement répartis entre plusieurs ministères (finances, éducation, santé, écologie, culture et aménagement du territoire). Au lieu de profiter de la pluridisciplinarité de ses
corps (enseignants, économistes, vétérinaires, ingénieurs...), le ministère français de l'agriculture s'est installé dans un mutisme perturbé par quelques crises sanitaires. Une fois ces
dernières passées, les interprofessions défilent de nouveau rue de Varenne pour imposer une vision économique aux dossiers.
Autre anecdote, la dernière loi relative au monde agricole qui devait s'appeler "loi de modernisation agricole" a été
changée en "loi d'orientation agricole". Comme si la modernisation de ce secteur était un gros mot. Comme si les clichés antiques
pouvaient survivre dans ce secteur. Comme si l'industrialisation était le seul vocable autorisé pour les méchants OGM. C'est ainsi qu'on se retrouve avec une femière qui fait des yaourts à la
louche pour promouvoir les produits laitiers d'un des leaders mondiaux de l'agroalimentaire.
Je suis persuadé qu'il y aurait matière à faire évoluer notre agriculture avec des axes de travail très simples ;
- Transférer les enseignants du secteur agricole à l'éducation nationale.
- Réformer les services de ce vieux ministère de l'agriculture en, par exemple, supprimant ses deux directions départementales au profit d'un échelon unique régional.
- Articuler filière agricole, recherche publique scientifique et instituts publics.
- Favoriser un véritable programme culturel rural.
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