Ils devaient relancer les quotidiens d’information nationaux en donnant envie au lecteur d’approfondir telle ou telle information. Dans le royaume des faux culs des sociétés de médias, tout allait aller pour le mieux du monde entre quotidiens gratuits et presse payante. Plus de quatre ans après ces belles paroles, la vérité est toute autre dans un pays où les français consacrent plus de 3 heures par jour à la télévision et seulement 20 minutes à la lecture. Metro et 20 minutes, leaders en France de la presse quotidienne gratuite d'information générale, sont devenus en quatre ans de puissants médias dans l'hexagone, où ils distribuent respectivement 700 000 et 805 000 exemplaires par jour. Ces titres se sont progressivement installés et après avoir gagné la rue, ils font partie du paysage de la presse écrite et obtiennent même le privilège d’être cités dans les revues de presse. Qui aurait cru à ce compte de fée lors de leur lancement mouvementé grâce à l'hostilité des ouvriers du Livre CGT ?
Métro (groupe suédois Metro International) est actuellement disponible dans dix agglomérations : Paris/Ile-de-France, Marseille et sa région, Lyon, Toulouse, Lille, Bordeaux,
la zone Nice-Cannes , Nantes, Rennes et Strasbourg. Outre le quotidien d'information générale, Metro publie des suppléments comme Metro Cannes pendant le Festival de Cannes, Metro Plage l'été, Metro Finances, Metromania sur le high-tech ou, le dernier-né, Metro Sport, lancé récemment à 450 000 exemplaires pour suivre la Coupe du monde de football chaque jour, sauf le dimanche, jusqu'au lendemain de la finale, le 10 juillet. Son concurrent 20 minutes (groupe norvégien Schibsted et groupe français Sipa/Ouest-France) est aujourd'hui distribué dans huit grandes villes : Paris, Lille, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes et Strasbourg. 20 Minutes publie également des suppléments, notamment sur le Festival de la bande dessinée d'Angoulême, l'immobilier, l'emploi, la formation, le tourisme ou le high-tech.
Pendant ce temps, la presse écrite payante connait un tassement de ses ventes historique notamment causé par les radios et les télévisions en continu, l'arrivée de l'internet et toute une série de nouveaux systèmes d'information sur la téléphonie mobile. La culture du gratuit s'est ainsi répandue, précédant même l'usage d'internet. Cette lecture zapping conforte la position des journaux gratuits - qui se lisent vite - et des médias électroniques et force est de constater qu’il y a très peu de place maintenant pour la presse écrite quotidienne payante. Dans les années 1970-80, la presse quotidienne nationale française avait subi la concurrence des news magazines. Le Figaro avait été le premier à trouver la parade avec ses suppléments magazines du week-end, Le Monde avait suivi avec le Monde 2.
Dans le royaume des faux culs de la presse écrite, tout va donc bien. Libération chute à 140 000 exemplaires, L’Equipe (plus forte vente au niveau national) devance avec 350 000 exemplaires Le Figaro et Le Monde. La presse gratuite continue de creuser son sillon avec une progression annuelle de sa diffusion de 17,5%. L'homme d'affaires Vincent Bolloré, avec Direct Soir, est le dernier arrivé sur ce terrain.
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