Vendredi 2 mai 2008
Elles ont pris leur place dans les espaces commerciaux. C'est parti d'une recommandation du ministère de la Santé, de chiffres sur la percée de l'obésité en France et notamment chez les jeunes, de l'échec d'autres campagnes sur la consommation de fruits et légumes... "Mangez, bougez..." est donc devenu une sorte de signature obligée de tous les spots de l'industrie agroalimentaire.

Je partage l'idée de mieux éduquer les enfants à une alimentation saine et équilibrée. Dans ce sens, je suis tout à fait favorable à des mises en garde avant et après les programmes tv qui ciblent cette population.  Pour faire simple, je serais également pour la suppression des spots tv faisant références à ces produits sucrés aux heures où les programmes "jeunes" sont diffusés. Mais je me demande aujourd'hui si l'inscription de la bannière "Mangez, bougez.." a un effet sur le comportement du télespectateur visé. L'Etat va-t-il évaluer l'éventuel effet de cette banderole imposée ? Car dans un récent article, on apprenait que les messages relatifs à la prévention ne sont pas perçus de la même façon  selon la culture et le niveau d'instruction des Français. Il serait ainsi croustillant de constater que l'incitation à "Mangez, bougez..." ne touche qu'une partie aisée de la population, déjà informée et sensibilisée sur ce sujet, au détriment d'une autre catégorie qui attend un autre message sur son pouvoir d'achat. Allez dire à une famille nombreuse vivant avec un seul et faible revenu et scrutant l'évolution du prix au litre du lait de manger des fruits ou des légumes (chers). Toute cette propagande de l'éducation et la prévention pour la santé n'a aucun sens si elle n'est pas accompagnée par des actions concrètes sur l'accessibilité de certains produits (fruits...) pour tous.
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander publié dans : santé

Jeudi 1 mai 2008
Dans la même série que ce je vous disais sur la viande avariée, je recommande cet artcile publié dans l'hebdomadaire Le Point sur la situation des abattoirs en France. Au-delà de crier au scandale sur le fait qu'on nous cahe tout, tout un mode de fonctionnement des administrations concernées est à repenser. Les Préfets semblent ne plus avoir de rôle régalien avec la pression économique : sauvegarder des bassins d'emplois passe avant tout. Je ne parle même pas des pressions des fédérations professionnelles (de la viande) dont les leaders manipulent depuis les dernières crises sanitaires les conseillers du ministère chargé de l'agriculture. Quant aux services de l'Etat, leur paupérisation est tellement alarmante qu'ils sont incapables d'exercer une pression de contrôle.
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander publié dans : santé

Dimanche 13 avril 2008
Mardi 25 mars 2008, il aura fallu que le quotidien Le Parisien publie un article relatif à la présence de viandes avariées dans la chaîne alimentaire pour que le Directeur général de la Santé confirme cette information et le Directeur général de l'alimentation donne à la presse tous les détails sur le cheminement de cette viande. Pendant ce temps, rien n'était diffusé sur les sites Internet des ministères de l'Agriculture ou de la Santé (pourtant pourvu d'une rubrique sur les alertes). Ce n'est pas la première fois que la filière viande française est touchée par un incident sanitaire et au-delà de la salubrité des aliments, se pose l'éternelle question de l'information du consommateur. Les autorités sanitaires françaises préfèrent ne pas parler de leurs contrôles positifs et minimisent les faits, en accord avec les professionnels concernés.

Souvenez-vous, c'était le 28 novembre 2006, 3 jours après que plusieurs tonnes de viande avariée aient été saisies dans le Val d'Oise lors de la mise en évidence d'un traffic organisé, les services vétérinaires du Maine et Loire contrôlaient 22 tonnes de boeuf dans la société Covi, spécialisée dans la préparation de plats cuisinés, raviolis et corned beef. La viande avait été livrée le 24 novembre par l'entreprise Charal. Cinq pains de boeuf (sur 6) présentaient des défauts visuels (nécroses, lésions hémorragiques). Un autre stock de viande livré par Soviba se révélait également suspect. L'ensemble de la viande était consigné et Covi était placée sous contrôle vétérinaire. Aucune information n'était faite jusque la Direction générale de l'alimentation reconnaisse que "cette viande consignée aurait dû être au mieux destinée à l'alimention animale".  Chez Covi, on affirmait que les contrôles réalisés dans le site de production corrézien n'avait révélé aucun problème. Même son de cloche chez Soviba où l'on prétendait qu'aucun lot non conforme n'auvait été livré.

Pourtant le 15 décembre 2006, la Direction générale de l'alimentation diffusait un bulletin d'alerte et rappelle avec les Fraudes 650 000 boîtes de corned beef, 550 000 autres boîtes de la période de production n'ayant pas été distribuées dans les magasins. Covi gèrait elle-même le rappel. Toujours aucune information destinée au grand public. Or l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) considèait que "si une quantité de microbes sont très importantes, la stérélisation ne suffit pas". L'alerte européenne diffusée le 21 décembre 2006 faisait mention de "produits susceptibles d'être dangereux pour la santé humaine" et concernait la Grande Bretagne, l'Irlande, la Belgique et la Grèce. Il avait fallu que l'affaire soit dévoilée par le quotidien Le Parisien du 16 janvier 2007 pour que les autorités sanitaires parlent et répondent aux médias et fassent leur devoir d'information. Pendant ce temps, les professionnels concernés refusaient de se remettre en question.

Actualisé le 12 avril 2008 :  Et ce n'est pas fini, mercredi 9 avril 2008, l'hebdomadaire Le canard enchaîné évoquait une note de M. Bournigal, Directeur général de l'aimentation, sur l'état des abattoirs en France. Edifiant : 46% des abattoirs de volailles ne seraient pas conformes, 42 % des autres abattoirs écoperaient d'une mauvaise note.

ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander publié dans : santé

Jeudi 6 décembre 2007
kervasdou--.jpgCela fait du bien de sortir des dogmes des pseudo experts et des vérités cathodiques. Jean de Kervasdoué propose  de sortir de ces discours répétés et jamais vérifiés. Je recommande "Les prêcheurs de l'apocalypse", cela se lit facilement et casse les stéréotypes médiatico politiques...
Il n'y a ainsi pas de données scientifiques en mesure de confirmer (ou de démentir) que les produits "bios" sont plus sûrs et sains pour la santé.

Extrait de la 4° de couverture :
"Le charbon est plus fatal que l'amiante. Et l'un et l'autre cent fois plus que les radiations nucléaires. 

La catastrophe de Seveso n'a tué que le directeur de l'usine : il a été assassiné par les Brigades rouges. Malgré le réchauffement de la planète, la Terre n'a pas encore atteint la température de l'an... mil. N'en déplaise aux prêcheurs de l'apocalypse, je suis fatigué de leurs discours sur la santé et l'environnement. Il est temps de remettre quelques pendules à l'heure.

Jamais l'espérance de vie n'a cessé de croître dans les pays riches, jamais leurs habitants n'ont vécu aussi vieux et en meilleure santé. Et pourtant, nous voilà englués dans le médicalement correct. Les intellectuels doutent de tout et le reste de la population croit en l'astrologie et aux maisons hantées. A qui bénéficie notre crédulité ?

Il serait plaisant de connaître les financiers des grandes associations écologistes... Celles qui stigmatisent l'ogre Tchernobyl et les grands méchants OGM, tout en abandonnant une partie de l'humanité en chemin.

Les bons sentiments ne feront rien pour réduire la contradiction majeure entre la santé d'aujourd'hui, l'économie de demain et la survie d'après-demain. La Raison et l'analyse des intérêts de chacun seront la seule chance des déshérités actuels et des réchauffés à venir".

 

ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander publié dans : santé

Samedi 22 septembre 2007
Personne n'a échappé à la récente actualité des pesticides dans les DOM. Il y a à boire et à manger dans le médiatique Professeur Belpomme qui publie dans la presse quotidienne les grandes lignes de son rapport 24 heures avant de le remmettre. Je souhaiterais ajouter ce que personne n'a osé dire :  Le problème - au-delà de l'exposition des ouvriers agricoles et de la contamination des sols en aval - est que la France a interdit ce produit avec un délai d'écoulement des stocks sur le territoire métropolitain et une tolérance pour les DOM... Ce qui est également sûr, c'est que le chlordécone a pourri pour des siècles les eaux et les terres antillaises.

La pollution des rivières martiniquaises a été décelée en 1999 par la direction départementale de la santé, mais c'est seulement en 2002 que scientifiques et autorités publiques saisissent l'ampleur du désastre. D'abord, en août, la découverte en Martinique, par la police, de plusieurs tonnes de chlordécone dans une bananeraie. Preuve que les planteurs ont continué à utiliser ce poison pourtant interdit depuis 1993. Dix jours plus tard, la douane saisit à Dunkerque une cargaison de patates douces en provenance de Martinique, toutes contaminées par le chlordécone. Preuve que l'insecticide, présent dans les sols antillais, a contaminé la chaîne alimentaire et peut se retrouver dans les assiettes, via les légumes cultivés dans la terre.

Sous la houlette du député martiniquais Philippe Édmond-Mariette (non inscrit), des parlementaires antillais obtiennent la création d'une mission d'information sur le chlordécone. Rendu public en juin 2005, leur rapport rencontre peu d'échos en métropole. Pourtant, les tribulations de l'insecticide aux Antilles se lisent comme un polar. Elles illustrent une certaine opacité et témoignent de l'influence d'une poignée de gros planteurs qui contrôlaient alors la filière antillaise de la banane.

Le chlordécone appartient à la première génération de pesticides, les organo-chlorés. Comme le DDT, le lindane, c'est l'un des polluants organiques persistants qui sont une plaie pour la planète. Breveté aux États-Unis en 1952, le produit est vendu en 1958 par la société Dupont de Nemours sous le nom commercial de Kepone. Mais en 1975 c'est la catastrophe sur un site de production en Virginie. "Une pollution importante de l'environnement immédiat de l'usine, ainsi que des effets toxiques aigus sur les travailleurs (...) induisent la fermeture brutale du site", relatent les députés. Les autorités américaines interdisent le Kepone en 1976. Pourtant, cinq ans plus tard, le produit va être réautorisé en France. Après le passage de deux cyclones, en 1979 et en 1980, les planteurs se disent démunis face à la prolifération du charançon (ravageur des cultures de bananes). En 1981, le ministère de l'Agriculture accepte de le remettre sur le marché. C'est la société Laurent de Laguarigue qui a racheté le brevet de la molécule et la vend sous le nom de Curlone. Laguarigue est un gros planteur martiniquais... Dans une interview donnée en août 2005 à l'hebdomadaire guadeloupéen Sept Magazine, Daniel Dollin, de la chambre d'agriculture, rappelle la puissance du lobby des gros planteurs: "[Ils] faisaient la pluie et le beau temps dans les groupements, les petits pouvaient juste se plier (...). C'était la belle époque de la banane, on avait un marché garanti en Martinique et en Guadeloupe, et l'objectif de chacun était de trouver les moyens pour conserver ses parts de marché malgré les intempéries."

En 1977 et 1980, deux rapports scientifiques avaient mis en évidence la pollution des rivières et des sols antillais, et la rémanence du produit. L'impact sur la santé humaine, lui, est mal connu. En 1979, la substance est néanmoins classée cancérogène probable par le Centre international de recherche contre le cancer. En 1989, la Commission d'étude de la toxicité des phytosanitaires préconise l'interdiction de l'insecticide, qu'elle juge "persistant, relativement toxique". Le ministère de l'Agriculture l'interdit en 1990 (avec mise en application en 1992). Mais les gros planteurs obtiennent deux dérogations : le produit sera utilisé jusqu'en 1993.

En 2004, deux arrêtés préfectoraux préconisent à tout agriculteur désireux de produire des légumes racines ou des plantes à tubercules de faire des analyses des terres. On découvre alors que les terres de cultures vivrières de Martinique qui n'avaient jamais servi à la culture de bananes, étaient souillées. Curieusement, il a fallu attendre le 9 décembre 2004 pour voir la première réunion du Plan régional santé et environnement réunissant tous les services de l'Etat sur ce sujet sous l'autorité du Préfet Dassonville. Ironie de l'histoire, le prédécesseur de M. Dassonville était de juillet 2000 à février 2004 un certain Michel Cadot, aujourd'hui directeur de cabinet de M. Barnier au ministère de l'agriculture. On comprend peut être mieux la réaction de ce même Barnier qualifiant récemment la situation "de très grave". Serait ce pour protéger son directeur de cabinet ?
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander publié dans : santé

catégories

recherche

Blog : Guides d'achat sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus