Mercredi 4 juillet 2007

2007-06-20T134324Z-01-NOOTR-RTRIDSP-2-OFRBS-FRANCE-BOURGET-AIRBUS-CIT-20070620.jpgLe dernier salon aéronautique du Bourget (France) a été marqué par de nombreuses annonces de commandes d'avions civiles. Airbus devançant à ce petit jeu son éternel concurrent Boeing. Mais de quels chiffres s'agit il ?

L'avalanche de commandes pour Airbus a fait couler beaucoup d'encre. Même le très sérieux Der Spiegel a relevé ces étranges comandes qui ont redonné du punch au titre EADS. Ainsi les petits porteurs sont des cibles idéales, notamment parce qu'ils n'analysent pas l'aspect qualitatif de ces annonces qui sont exposées en quelques secondes dans les journaux télévisés. Le titre EADS reste donc stable, mais qu'en est-il de la réalité économique de ces commandes ? Lors de l'édition 2005 du salon du Bourget, Airbus avait déjà surpris en anonçant 125 commandes d'A350. En fait, il s'agissait le plus souvent de déclarations d'intentions pour un avion que personne ne connaissait. Cette année (2007), le salon du Bourget n'a pas échappé pas à ce qui semble devenir une règle. Les annonces mélangent subtilement les commandes fermes, les confirmations de commandes et les intentions de commandes, alors que Boeing - qui ne fait état que de ses commandes fermes - cartonne depuis le début de l'année (510 commandes fermes). A suivre.

Photos reuters.com


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Samedi 3 mars 2007

La
phrase vient d'un auditeur de la radio France Inter, jeudi 1er mars ; "je ne comprends pas. Le carnet de commandes (de l'A 380) est plein et on annonce quand même des suppressions d'emplois". L'idée reçue et l'amalgame pouvaient devenir par la magie du saint média, parole d'évangile. Les politiques avaient enfin ce qui manquait à cette campagne présidentielle pour retrouver le duel gauche vs droite avec en premier rôle la place de l'Etat.

Plus sérieusement, il est intéressant de voir comment l'avionneur européen en est arrivé à cette annonce de suppressions d'emplois. Il y a d'abord eu cette confusion des genres entre nationalisme et industrie européenne. L'Allemagne et la France se battent encore ainsi pour héberger les plus stratégiques sites de production des avions. Les succès commerciaux de la famille A320 masquent cette vieille guerre interne. D'autres Etats membres se partagent inégalement les miettes du gâteau et la naissance d'EADS ne modère pas les clivages. Première alerte avec l'echec de l'A330 alors que Boeing connait un succès avec son 777, le plus gros bi réacteur au monde. Deuxième alerte, le projet de gros porteur dit super jumbo surprend les experts aéronautiques qui préconisaient l'expansion des demandes de moyens courriers ou longs courriers ne dépassant pas 400 sièges. Finalement, le
carnet de commandes de l'A380 se remplit (167 unités en 2006) mais les retards de fabrication entraînent des reports de livraison. Les Français accusent leurs collègues allemands avec notamment la fumeuse critique de logiciels outre Rhin qui ne correspondraient pas à une approche globale de gestion et fabrication. C'est la crise dans la maison mère EADS. Pendant ce temps, Boeing confirme son projet dreamliner, le 787, un bi réacteur long courrier de 200 à 350 sièges qui sera opérationnel en 2008. Troisième alerte, l'avionneur européen réagit en se lançant sur le même segment, oubliant les argumentaires écrits lors du lancement de l'A380, et propose après hésitation de son Conseil d'administration un A350 qui remplacera son A330 en 2012, 4 ans après les premières livraisons du 787. Dernière alerte, juste après avoir annoncé ces suppressions d'emplois EADS stoppait son projet d'A 380 cargo, faute de clients.

Cette guerre commerciale n'est pas la seule r
aison des suppressions d'emplois qui agaçaient cet auditeur français. En 2000, Boeing a réalisé une mutation que EADS se prépare à faire en 2008. Le constructeur américain était secoué par une crise majeure, amplifiée par les attentats du 11 septembre et la crise du transport aérien qui a suivi. Il renonçait alors à lancer son projet de quasi-supersonique, le Sonic Cruiser. Rattrapé par Airbus, le groupe américain décidait de changer entièrement son modèle industriel en abandonnant la fabrication, pour se concentrer sur la conception, l'assemblage et la livraison d'avions. Son objectif était de réduire les coûts, le temps de développement et d'utiliser de nouveaux matériaux. Boeing cèdait des sites industriels et lancait l'opération Dreamliner. Résultat, 70% de la construction du 787 est sous traitée contre seulement 40% de l'A380. Voilà, M. l'auditeur la réponse à votre question. Il ne s'agit pas de politique présidentielle mais de politique industrielle.

Illustration : Boeing 787
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Vendredi 15 décembre 2006

Dimanche 10 décembre, un Boeing 747-400 de la compagnie Corsair, qui venait de décoller de l'aéroport d'Orly (Val de Marne) à destination de Punta-Cana (République de Saint Domingue), a été contraint de faire demi-tour suite à ce qu'on appelle dans le jargon aéronautique un "tailstrike" survenu au décollage.

La presse en délire a parlé d'une inspection en vol par des "avions de chasse de la Direction générale de l'aviation civile" (dixit la chaîne d'information de TF1, LCI) qui ont pu se rendre compte que tout irait bien pour l'atterrissage du gros porteur. Plus sérieusement, et selon certaines sources, ce serait en fait le cône de queue qui aurait touché le béton. Certains des 500 passagers de ce vol avaient déjà vu leur départ retardé de 24h suite à un petit problème sur le système de remplissage carburant qui n'a pû être résolu avant l'heure du dernier décollage d'Orly. Bien entendu l'information importante du jour concerne la découverte par la France de l'existence d'un escadron de chasseurs à la DGAC.

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Samedi 19 août 2006
Vendredi 18 août 2006, la compagnie easyJet a annoncé que les bagages en soute, au-delà d'une valise, seraient désormais facturés à ses passagers, en raison des nouvelles mesures de sécurité en vigueur dans les aéroports. A compter du 1er septembre, les clients d'easyJet devront payer 7,3 euros par bagage supplémentaire au moment de l'achat de leur billet sur internet. La compagnie irlandaise à bas prix Ryanair fait déjà payer tout bagage en soute et elle réduira le poids maximum autorisé à 15 kilogrammes au 1er novembre sur toutes ses destinations.

EasyJet a justifié sa décision par la nécessité "d'accélérer la gestion des bagages dans les aéroports et de réduire les désagréments causés aux passagers" par les nouvelles mesures de sécurité, qui ralentissent les procédures d'enregistrement. Les analystes considèrent que les nouvelles mesures de sécurité en vigueur vont augmenter les coûts des compagnies à bas prix, qui tendaient à assouplir les procédures d'enregistrement et encouragaient leurs passagers à prendre des bagages à main, afin d'employer moins de personnel au sol. Ryanair a d'ailleurs récemment demandé au gouvernement britannique de revenir à la normale en matière de sécurité dans les aéroports "sous sept jours", faute de quoi elle le poursuivrait devant la justice. Ryanair pourrait poursuivre le ministère britannique des Transports dans le cadre d'une loi de 2000 qui autorise une compagnie à réclamer des compensations financières au gouvernement lorsque certaines de ces décisions provoquent des dommages financiers durables.

Les économies de Ryanair
Ryanair est la championne des low-costs. Des résultats insolents, une réussite fulgurante, des remplissages solides, une des plus grosses capitalisations boursières de l'aéronautique (*). C'est aussi la compagnie aérienne dans laquelle le commandant de bord qui embarque plus de carburant que le strict minimum réglementaire doit justifier sa décision. Prodige ou miracle, 37 nationalités cohabitent dans les cockpits de Ryanair. Pour trouver licences et permis de travail à "ses" Russes, Slovènes, Colombiens, Brésiliens, Américains... la compagnie octroie des certificats validés par l'Irlande pour une durée d'un à deux ans, charge au pilote d'obtenir la moitié des certificats théoriques dans ce laps de temps.

Dans cette compagnie comme dans les autres "low-costs", les pilotes volent au taquet (environ 100 heures sur 28 jours) et quatre fois par jour tentent de maintenir le rythme d'une escale de 25 minutes. La ponctualité et le bilan carburant mensuel de chaque pilote sont soigneusement notés... Les personnels de bord volent jusqu'à 150 heures par mois et leur fatigue est souvent à la hauteur du turn-over impressionnant créé par Ryanair depuis des années : environ 50% du personnel de bord quitte l'entreprise dans les 18 mois.


Mais puisque ces compagnies "low-costs" représentent, en dehors du groupe Air France, la principale source d'emploi pour la grande majorité des pilotes français, il est souhaitable qu'elles finissent par trouver un juste équilibre.

(*) Ryanair a reçu son centième Boeing 737-800 il y a peu, et deux avions sont prévus d'arriver chaque mois jusqu'à concurrence de 229 avions. Ryanair emploie 1 150 pilotes et 3 400 personnels  et transporte parfois plus de passagers que British Airways sur un mois...

Photo : Göteborg airport

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Jeudi 8 juin 2006
Dans le jargon de la presse on appelle cela une mascarade. Il y avait déjà eu ces drôles de contrôles du gouvernement. Le service presse du ministre des transports a fait encore plus fort en envoyant le 1er juin des invitations aux journalistes pour faire la promotion d'un contrôle sur l'aéroport d'Orly en présence du ministre. Une semaine à l'avance, le rendez-vous de ce contrôle inopiné figurait sur l'agenda du ministre (disponible via le site Internet du ministère) prévoyant même une visite sur le terrain le 5 juin entre 16h et 16h35.
Cette visite surprise du ministre sur le tarmac d'Orly avait donc pour objet une inspection SAFA (Safety Assessment of Foreign Aircraft) sur un avion... français.
La surprise fut donc totale puisque les journalistes étaient convoqués à 11h30 par le service presse de la Direction générale de l'aviation civile. Le Boeing 747-400 du vol Corsair inspecté par le ministre, qui partait de la République dominicaine, était aussi connu à l'avance puisque des micros y avaient été placés.
Safety Assessment of Foreign Aircraft dans le texte oblige... le seul avion étranger prévu à cet horaire sur le tarmac était un ATR du vol Aerocondor Agen-Paris qui a été mystérieusement annulé.
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